Selon les dernières études scientifiques parues, l'obésité est désormais considérée comme une maladie chronique, au même titre que l'hypertension artérielle ou toute autre maladie métabolique, ce qui permet de mieux combattre les préjugés et la stigmatisation associés à l’obésité.
L'obésité est qualifiée "d’épidémie" par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) car elle touche désormais tous les pays, dont les pays émergents.
Au niveau mondial, le surpoids concerne aujourd’hui 39 % des adultes et l'obésité 13 % des adultes. Le nombre de personnes concernées a presque triplé depuis 1975.
En France, l'obésité des adultes a quasiment doublé depuis la fin des années 1990.
En 2024, l'obésité touche 18% des adultes en France métropolitaine, soit près de dix millions de personnes. Dans les territoires ultramarins, la situation est encore plus critique, avec 22,4 % des adultes en situation d’obésité.
L'obésité a même été multipliée par quatre dans la tranche des 18-24 ans, avec un taux de 9,2 % en 2020 contre 2,1 % en 1997.
L'obésité touche également 4% des enfants et près de 17% des séniors.
Sources : Enquête épidémiologique nationale sur le surpoids et l’obésité OFEO de 2024, enquête ObEpi-Roche de 2023.
Ces tendances se révèlent particulièrement inquiétantes, d'autant que c’est dans les tranches d’âge les plus jeunes que l’augmentation de la prévalence de l’obésité au fil des ans est la plus forte.
L'obésité en France ne cesse donc de s'accroître année après année, malgré la mise en œuvre du Programme national nutrition santé en 2001 !
Comment caractériser le surpoids et l'obésité ?
L'obésité se traduit par une accumulation excessive de graisse (ou masse grasse) dans le tissu adipeux, ce qui présente un risque majeur pour la santé lorsque cette graisse est largement stockée dans l'abdomen.
Lorsque la graisse est majoritairement stockée au niveau des cuisses (obésité gynoïde) et que le rapport taille/hanches RTH est inférieur à 0,8, l'obésité est moins dangereuse pour la santé, bien qu'elle peut présenter des conséquences sévères sur les articulations et la colonne vertébrale (genoux, hanches, lombaires).
Le surpoids et l'obésité sont traditionnellement mesurés à l'aide de l’indice de masse corporelle (IMC), méthode qui reste à ce jour un moyen simple pour estimer la masse grasse d’un individu mais qui n'est pas optimale.
L’IMC correspond au poids (en kg) divisé par le carré de la taille (en mètres). Selon la classification de l’OMS, on parle de surpoids lorsque l’IMC est supérieur à 25 et d’obésité lorsqu’il dépasse 30. Chez l’enfant, il faut se référer aux courbes de croissance.
Le tour de taille est un critère important à prendre en compte. L’excès de masse grasse dans la région abdominale (graisse autour des viscères) est en effet associé à un risque accru de diabète et de maladies cardiovasculaires, mais aussi de certains cancers, et ce indépendamment de l’IMC. Lorsque le tour de taille est supérieur à 100 cm chez l’homme et à 88 cm chez la femme (en dehors de la grossesse), on parle d’obésité androïde.
Des causes multifactorielles au surpoids et à l'obésité
Ses causes sont multiples, impliquant des facteurs génétiques, biologiques, environnementaux, comportementaux et sociaux.
Le mode de vie actuel favorise la sédentarité (jeux vidéo, écrans, transports en voiture,...) et une alimentation déséquilibrée, souvent excessive ("calories vides") et pauvre sur un plan nutritif.
L'excès de consommation de produits ultra-transformés, l'insuffisance des légumes et des fruits, les excès de mauvaises graisses et de sucres dans nos assiettes, le grignotage, favorisent la prise de poids et les déséquilibres physiologiques.
Des troubles psychologiques peuvent également induire une prise calorique importante, comme les troubles dépressifs ou encore les troubles du comportement alimentaire.
Il faut aussi considérer la prédisposition génétique à la prise de poids. Une personne a deux à huit fois plus de chances d’être obèse si des membres de sa famille le sont eux-mêmes.
L’insuffisance de sommeil, la prise irrégulière des repas, ou encore le travail nocturne qui perturbe notre horloge interne (rythme circadien sur 24 heures), augmentent le risque de surpoids.
Le stress chronique, certains médicaments (antidépresseurs, corticoïdes,...), des infections intestinales, impactent la composition du microbiote intestinal (dysbiose), ce qui favorise la prise de poids et une perméabilité de l'intestin grêle à l'origine de pathologies diverses.
L’exposition à des polluants environnementaux (PFAS, perturbateurs endocriniens, métaux lourds) et aux pesticides est également incriminée désormais dans les risques de surpoids, du fait des déséquilibres physiologiques durables que ces produits toxiques engendrent.
Enfin, le milieu socio-économique et le niveau d'éducation sont des facteurs impliqués dans l'obésité, qui concerne près de 25% des personnes en situation de précarité (étude OFÉO - Observatoire Français d’Épidémiologie de l'Obésité Présentation des résultats - Édition 2024)
Des conséquences multiples et des pathologies graves souvent associées à l'obésité
L'obésité est associée à près de 200 complications médicales. Les plus fréquentes et les plus sévères sont les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2, les troubles hépatiques, certains cancers, ainsi que les pathologies ostéo-articulaires et respiratoires.
L'obésité favorise le diabète de type 2 par l'insulino-résistance qu'elle génère : les cellules musculaires et les cellules adipeuses deviennent résistantes à l'insuline produite par le pancréas afin de réduire la glycémie (taux de sucre dans le sang).
L’obésité accroît aussi le risque d’hypertension artérielle et d'athérosclérose (plaques d'athérome dans les artères), en provoquant une inflammation chronique des artères et un métabolisme perturbé des lipides dans le sang.
Elle favorise l'apparition de maladies hépatiques (stéatose hépatique non alcoolique ou "maladie du foie gras") et de maladies rénales chroniques.
Elle est aussi associée à de nombreux cancers, digestifs en premier lieu, mais aussi cancers du sein, de l’utérus, du foie, du rein ou encore certains cancers du sang.
Au total, d’après l’OMS, le surpoids et l’obésité seraient responsables de 44 % des cas de diabète de type 2, de 23 % des cas de maladies cardiaques et de 7 à 41 % des cas de cancers, selon les organes touchés.
L'obésité entraîne également la survenue de maladies respiratoires, comme le syndrome d'apnée du sommeil ou encore l'asthme, mais aussi des troubles hormonaux avec notamment une perturbation des cycles menstruels qui peut altérer la fertilité.
Elle peut engendrer des pathologies ostéo-articulaires comme l'arthrose (dégénérescence du cartilage des articulations) du fait de la surcharge pondérale infligée aux articulations (gonarthrose, coxarthrose) , pouvant conduire à la mise en place de prothèses du genou ou de la hanche. A cela s'ajoute un risque accru d’insuffisance veineuse (jambes lourdes, varices, ulcères variqueux,...).
L’obésité est en outre associée à un risque accru de reflux gastroœsophagien (RGO) et de troubles gastriques et intestinaux plus ou moins sévères.
Enfin, l'obésité peut aussi s'accompagner de troubles psychologiques et de troubles du comportement (manque d'estime de soi, repli social, états dépressifs,..).
L'obésité est une maladie chronique, dont la prise en charge est pluridisciplinaire.
Des solutions existent pour sortir de l'obésité, que ce soit des solutions médicamenteuses (médicaments anti-obésité de nouvelle génération comme le liraglutide (Saxenda®), le sémaglutide (Wegovy®) ou le tirzépatide (Mounjaro®), administrés par injection sous la peau via un stylo injecteur), la chirurgie bariatrique (sleeve, bypass) et l'accompagnement psychologique.
L'obésité nécessite un suivi, qui peut être assuré par un naturopathe (conseils nutritionnels, supplémentation en cas de carences liées à une opération de chirurgie bariatrique, conseils en hygiène de vie,...).
Dans tous les cas, prendre pleinement conscience de son état d'obésité et le considérer comme une maladie chronique, et appréhender clairement ses conséquences en matière de santé et de bien-être, est déjà un premier pas pour sortir de cette maladie!
Bon à savoir : Il existe 42 centres spécialisés dans la prise en charge de l’obésité (CSO), présents en métropole et en outre-mer, attachés à des établissements de santé, publics ou privés. Pour connaître la localisation de ces centres : https://sante.gouv.fr/soins-et-maladies/prises-en-charge-specialisees/obesite/article/les-centres-specialises-obesite-cso