L'impact des produits alimentaires ultra transformés sur la santé

L'impact des produits alimentaires ultra transformés sur la santé

Il n'est pas toujours aisé de reconnaître un aliment ultra transformé parmi l'ensemble des produits alimentaires proposés dans les rayons des supermarchés !

Les aliments ultra transformés (AUT) sont obtenus grâce à des processus physico-chimiques qui modifient la texture des aliments bruts, leur goût et leur conservation. Ils contiennent généralement des additifs (émulsifiants, édulcorants, exhausteurs de goût, conservateurs et sels nitrites, sucre inverti, etc.) qui ne sont pas utilisés en cuisine traditionnelle.

Des produits très semblables peuvent en fait appartenir, ou non, à cette catégorie selon leur mode de préparation.

Contrairement aux modes de préparation et de conservation traditionnels, tels que le séchage, la congélation, la pasteurisation, la fermentation, la cuisson au four, le salage, le sucrage, la mise en conserve, qui préservent largement la structure naturelle des aliments bruts et leur conservation, ces nouvelles méthodes industrielles modifient chimiquement les composants des aliments et les combinent avec des additifs pour produire des produits prêts à consommer et de longue conservation.

Citons parmi les AUT les plus commercialisés : les céréales du petit déjeuner, les desserts lactés, les nuggets, les cordons bleus, les plats préparés à base de viandes transformées, les soupes déshydratées, les sauces, les biscuits industriels, les sodas, etc.

Pour les reconnaître facilement, l'association Open Food Facts a développé un système de classification alimentaire nommé Nova. Les aliments ultra transformés sont classé dans le quatrième groupe NOVA.

Quels impacts ont ces produits ultra transformés sur notre santé ?

Dans la revue "The Lancet" 1, des chercheurs établissent désormais un lien de causalité entre consommation d'AUT et maladies chroniques. Cet impact direct peut intervenir à plusieurs niveaux dans les processus de fabrication, par l'ajout d’additifs ou encore par la présence de contaminants dus aux plastiques et matériaux d’emballage.

Il est ainsi établi que la consommation régulière d'AUT altère le microbiote intestinal (dysbiose) et génère un processus d’inflammation chronique.

Le modèle alimentaire ultra transformé qui s'installe partout dans le monde induit un risque accru d’un ou de plusieurs effets liés aux maladies chroniques.

Entre les plus gros consommateurs et les consommateurs occasionnels d'aliments ultra transformés, les risques de maladie de Crohn (maladie chronique de l’intestin) sont augmentés d’environ 90 %, d’obésité abdominale de 33 %, de dyslipidémie (concentration sanguine en lipides trop élevée) de 26 %, de dépression de 23 %, de maladie rénale chronique de 22 %, d’obésité de 21 %. 1

Une forte exposition au modèle alimentaire ultra transformé est associée à un risque accru de diabète de type 2, d'hypertension, de maladie ou mortalité cardiovasculaire, de maladie coronarienne ou mortalité coronarienne, maladie cérébro-vasculaire ou mortalité cérébro-vasculaire (AVC), et de mortalité toutes causes confondues.

Les chercheurs mettent également en évidence que, même après quelques semaines, le métabolisme, la fertilité masculine ou encore la prise de poids sont altérés par les aliments ultra transformés. Non seulement les AUT favorisent une prise calorique plus importante (notamment en raison d'une perturbation des mécanismes de la satiété), mais ils apparaissent nocifs pour la santé en tant que tels, indépendamment de leur contenu en graisses et en sucres (comparés à un aliment bio ou fait maison ayant le même contenu en graisses et sucres).

Par ailleurs la santé mentale est également impactée.3 (voir mon post sur Etat dépressif, et si cela venait de votre alimentation ?).

Une nouvelle étude présente une association entre les produits ultra transformés, lorsqu’ils sont consommés en grande quantité, et le risque de récurrence de symptômes de dépression.2

Les participants à l'étude qui consommaient le plus d’aliments ultra transformés (soit un tiers de leurs apports totaux) avaient 30 % de risque supplémentaire de présenter des épisodes de symptômes dépressifs récurrents, par comparaison avec les participants dont la part des aliments ultra transformés dans les apports quotidiens était inférieure à un cinquième.2

La perturbation du microbiote intestinal (dysbiose) et le stress oxydatif sur les cellules généré par les AUT expliqueraient ce risque accru de dépression endogène.4

Outre le fait que ces produits sont souvent riches en sucres et en sel et affichent dans 80% des cas des Nutri-Scores moyens ou défavorables (C, D ou E), le lien est désormais établi entre leur consommation importante et des maladies métaboliques, ainsi que des cancers.

Par conséquent, pour préserver votre santé, physique et mentale, rien de tel que de cuisiner soi-même des produits naturels, bruts et bio de préférence, de faire ses propres sauces et desserts et de prendre plaisir à savourer de bons petits plats en famille, ou seul(e), mais toujours en conscience!

 

Sources :

1- Ultra-processed foods and human health: the main thesis
and the evidence. Lancet 2025; 406: 2667–84

Carlos A Monteiro, Maria LC Louzada, Euridice Steele-Martinez, Geoffrey Cannon, Giovanna C Andrade, Phillip Baker, Maira Bes-Rastrollo,
Marialaura Bonaccio, Ashley N Gearhardt, Neha Khandpur, Marit Kolby, Renata B Levy, Priscila P Machado, Jean-Claude Moubarac,
Leandro F M Rezende, Juan A Rivera, Gyorgy Scrinis, Bernard Srour, Boyd Swinburn, Mathilde Touvier
Published Online November 18, 2025, https://doi.org/10.1016/S0140-6736(25)01565-X

2- Aliments ultra-transformés : leur surconsommation semble associée à des troubles de la santé mentale, INSERM publié le : 05/06/2023 , Tasnime Akbaraly , chercheuse dans l’équipe Psychiatrie du développement et trajectoires au Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (unité 1018 Inserm/Université Paris-Saclay/UVSQ).

3- Revue des microbiotes N°18, octobre 2020, Troubles psychiatriques : quelle place pour le microbiote intestinal ? 

4- L'alimentation ou la troisième médecine, Dr Jean Seignalet, Editions du Rocher 2012