Le régime ancestral, et si l'alimentation était bien notre première médecine ?

Le régime ancestral, et si l'alimentation était bien notre première médecine ?

Le régime ancestral ou hypotoxique a été mis au point par le docteur Jean Seignalet à partir de 1985. La diète alimentaire qu’il préconise est désormais de plus en plus reconnue pour prévenir et traiter certaines pathologies chroniques, et notamment des maladies auto-immunes, des maladies « d’encrassage » et des maladies « d’élimination ».

De ses multiples recherches scientifiques et des essais cliniques qu’il a pu mener sur un grand nombre de volontaires atteints de ces maladies (2500 personnes suivies sur plus de 10 ans), il en tire la conclusion stupéfiante que la plupart des maladies chroniques modernes ont pour facteur déclenchant l’alimentation moderne !

Un simple régime alimentaire peut venir à bout de ces pathologies s’il est scrupuleusement suivi et adopté comme nouvelle hygiène de vie durable.

Son livre, L’alimentation ou la troisième médecine est édité pour la première fois en 1996.

Pour le Docteur Seignalet, la vision quantitative de la nutrition doit être remplacée par une vision qualitative.

Le régime ancestral prône une alimentation hypotoxique qui vise à éliminer des composés toxiques ou nocifs pour l’organisme, responsables de maladies inflammatoires chroniques.

Dans ce sens, le régime a pour but d’agir favorablement notamment contre la polyarthrite rhumatoïde, les maladies inflammatoires digestives (MICI), le psoriasis, ou encore les pathologies ostéo articulaires comme l’arthrose, les tendinites ou la fibromyalgie.

Par ailleurs, le régime limite les états de fatigue, l’irritabilité, les migraines.

Le régime Seignalet est un mode alimentaire qui vise à empêcher ou à limiter la perméabilité de l’intestin grêle, qui selon lui est à l’origine de l’inflammation chronique, point commun à toutes ces pathologies.(Je reviendrai en détail sur ce point dans un autre post)

Il correspond au régime alimentaire adopté par nos ancêtres préhistoriques Homo Sapiens (les chasseurs cueilleurs) dont nous avons hérité notre système digestif. En effet, selon Jean Seignalet, notre système digestif n’a pas évolué génétiquement par rapport à celui de nos ancêtres. Nos enzymes et mucines ne sont donc pas adaptées à l’alimentation moderne et au mode de cuisson à haute température.

Les grands principes de base du régime ancestral

Cette diète alimentaire est basée sur l'exclusion de certaines catégories d'aliments, jugés néfastes pour notre organisme car s'attaquant à l'intégrité de notre barrière intestinale et à notre microbiote.

Sont ainsi exclut :

  • Les laits animaux de toutes origines (bovins, ovins, caprins,…) et leurs dérivés (fromages, crèmes, yaourts, etc…)
  • Toutes les céréales « mutées » génétiquement au fil des millénaires, essentiellement blé (blé, froment, épeautre, …) et maïs, et tous leurs dérivés (pains, galettes, biscottes, biscuits, pâtes, semoules, gâteaux, pizza…)

A l’exclusion du riz et du sarrasin qui ont gardé leurs propriétés d’origine.

  • Les produits ultra-transformés, « pollués » par des additifs et des métaux lourds. A remplacer par des produits bruts, frais et bio.
  • Les charcuteries cuites : jambons cuits, pâtés, rillettes, boudin, andouillette,…
  • Les sucres et sels raffinés (blanc). C'est le raffinage qui est ici mis en cause. Sinon les sucres et le sel sont admis avec modération.
  • Les huiles végétales raffinées. Là encore c'est le mode d'extraction de ces huiles qui est incriminé et non les huiles en elle-mêmes.
  • Le chocolat au lait et toutes les confitures industrielles.
  • Les conserves (sauf de légumes), et notamment les plats cuisinés en conserves.
  • Les produits cuits à des températures trop élevées (supérieures à 110°). Ce principe est justifié par le fait qu’une transformation moléculaire des nutriments, comme les lipides ou les protéines, est induite par la cuisson à feu vif.

 

Les aliments suivants sont autorisés à la consommation :

  • Tous les légumes et fruits, qui doivent être consommés crus ou cuits à la vapeur, (ou encore à l’étouffée à feux tout doux et avec un couvercle sur le récipient), pour conserver au maximum les minéraux et les vitamines qu’ils contiennent, et pour que leur composition moléculaire ne soit pas altérée par la cuisson à forte température.
  • Toutes les légumineuses et tubercules (lentilles, pois chiche, haricots rouge, haricots blanc, patate douce,…), fruits secs, oléagineux (noix, amandes,…), olives et condiments
  • Les viandes et les poissons doivent être consommés crus de préférence (sushis, sashimis, tartare, carpaccio, ceviche,…) ou très peu cuits.
  • Les œufs bio. Le jaune d’œuf est mieux assimilé, lorsqu'il est consommé cru. Il est conseillé de favoriser les œufs mollet ou à la coque.
  • Les huiles végétales non raffinées, "extra vierge" et pressées à froid  (extraites par des procédés exclusivement mécaniques), qui doivent être consommées crues de préférence. Privilégier l'huile de colza bio non raffinée (très équilibrée oméga-6/oméga-3), de noix et de sésame (pour l'assaisonnement seul) et l'huile d'olive extra vierge bio (pour la cuisson à feux doux et l'assaisonnement, riche en oméga-9)
  • Les charcuteries crues, autorisées avec modération : jambons crus, saucissons, chorizos, figatelli,…
  • Les crustacés et fruits de mer, qui sont vivement conseillés
  • Le riz (blanc, basmati, semi-complet, complet), sarrasin, sésame.
  • Les sucres complets (avec modération) : Le sucre complet, aussi appelé sucre brut ou non raffiné, conserve une part de ses nutriments et de ses fibres naturelles. Comme le Rapadura, ou la cassonade, le miel. En revanche, ne pas consommer de sodas sucrés et les jus de fruits du commerce.
  • Les boisson alcoolisées, autres que la bière, sont autorisées à des doses modérées. La bière est exclut car assimilable à une céréale, contenant des protéines d’orge.
  • Café et thé sont tolérés en quantité modérée.

Dans le cadre du régime Seignalet, une supplémentation en vitamines et minéraux doit être envisagée avec l’accompagnement d’un naturopathe, car la qualité nutritionnelle des aliments est désormais très réduite de par les méthodes modernes de l’agriculture et de l’élevage.

Les bienfaits attendus

Les personnes, qui ont suivi lors des essais cliniques le régime Seignalet, ressentent généralement une amélioration du confort digestif et une meilleure régulation du transit intestinal.

Pour chaque pathologie précédemment citée, le régime Seignalet améliore les symptômes de la maladie en question. Ceci est particulièrement vrai, pour les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques et de maladies auto-immunes.

De plus, une amélioration du sommeil, de l’état physique et mental, est constatée. Ce type d'alimentation entraine en effet un apport en protéines et en fibres élevé.

Le régime Seignalet n’est pas un régime qui a pour objectif la perte de poids, mais il peut susciter un amaigrissement relatif lié à une alimentation plus riche en fibres, minéraux et vitamines, et pauvre en graisses saturées.

Pendant combien de temps?

Selon le docteur Seignalet, s’il donne des résultats satisfaisants, ce régime doit être poursuivi à vie sous peine de rechute.

En conclusion, le régime ancestral est certes peu facile à adopter car il exige d'être suivi scrupuleusement et souvent définitivement, mais il a clairement fait ses preuves dans le traitement et l'accompagnement de nombreuses maladies chroniques, si l'on se réfère aux essais cliniques menés par le Docteur Seignalet. 

Cependant, même s'il est exigeant, de nombreuses solutions de substitution au lait animal et aux céréales existent. 

Dans certaines situations, cela peut valoir le coup d'essayer !

Pour vous accompagner dans la mise en œuvre de ce régime, si vous le souhaitez, je vous propose dans un autre post quelques options de repas.